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Point de divergence : La Flotte française ne se saborde pas à Toulon le 27 novembre 1942. Elle rejoint les Forces Françaises Libres en Afrique du Nord.

"Vue d'artiste" du croiseur-cuirassé Strasbourg et du Porte-avions Alize, en 1952, pour le Xème anniversaire de l'évasion de la Flotte Française de Toulon; document-fiction.

LA FUITE DE LA FLOTTE FRANCAISE DE TOULON EN AFRIQUE DU NORD :

- L'Amiral commandant la Flotte, Jean De Laborde, est retenu à Vichy. Dans une opération longuement préparée en amont, des gaullistes interviennent à Toulon. Ils parviennent à convaincre un groupe d'officiers d'ordonner la fuite. Seules quelques unités en cale sèche ou de second ordre restent à Toulon.
Ce « coup d'éclat » porte le nom d' »opération Alize ».

- 80 navires de guerre rejoignent ainsi Alger et Oran. Ils seront ravitaillés, en mer, par des pétroliers alliés. L'incapacité des forces aériennes de l'Axe à attaquer les forces de la Flotte traversant la Méditerranée est étonnante.
D'autant que les équipages n'étaient pas complets, tous les marins n'ayant pas choisi l'aventure. C'était suffisant pour faire bouger les navires. Mais les défenses anti-aériennes étaient souvent réduites.

LA REACTION DES FORCES DE L'AXE :

- Réagissant tardivement, les forces de l'Axe organisent l'opération « Armagueddon », visant à détruire les forces navales françaises libres au mouillage. Plusieurs raids ont lieu. Une dizaine de navires sont détruits. Les italo-allemands y laissent de nombreux appareils.

- Néanmoins, le retentissement du « ralliement » de la Flotte Française est immense à travers le Monde.

LES DIFFICULTES DE LA FLOTTE :

- Cependant, plusieurs problèmes apparaissent. Certains marins ont préféré rester à Toulon, de craintes de représailles pour leurs familles. Les équipages, suffisants donc pour traverser la Méditerranée, quitte à les répartir sur différents navires, ne sont pas en mesure de maintenir l'intégralité de la Flotte en état de combattre. Il faut former des personnels.
De plus, l'entretien des navires s'avère difficile, en Afrique du Nord : manque de pièces détachées ou de « cales sèches » pour l'essentiel.
Les navires français sont également sous-équipés en matériel moderne de détection anti sous-marine. Les équipements de guerre, calibre des canons, ne peuvent que laborieusement être approvisionnés par les manufactures alliées.

- Malgré tout, une bonne partie de la Flotte, une cinquantaine d'unités, est remise en état de combattre début 1943. Elle participe à la protection des convois de l'Atlantique. Quelques éléments sont même, assez symboliquement, envoyés combattre dans le Pacifique, après une « remise à niveau » en Amérique.

L'IMPLICATION DE LA FLOTTE DANS LES COMBATS :

- De Gaulle insiste cependant pour que la Flotte Française, remise en état de combattre, « upgradée » comme on dirait aujourd'hui, et réapprovisionnée en équipages, prenne une part active au prochain Débarquement allié en Europe.

- Malgré tout, associer la Flotte française à « Overlord » aurait conduit à donner à la France Libre, et à son Chef, la date précise, voire le lieu, du Débarquement. Ce que le Haut-commandement allié ne souhaitait pas.

- La « Flotte française «, nommée « XII ème flotte », est associée seulement au débarquement sur les côtes de Provence en août 1944. Une centaine de navires français y sont engagés, contre une trentaine dans notre continuum. Le « Dunkerque » coule dans les combats.

- La Flotte est envoyée en Indochine en juin 1945. Elle était censée participer à un débarquement au Japon. L'essentiel revient en France métropolitaine fin 1945. Seules quelques unités isolées resteront en Extrême-orient, sans grand effet sur le destin de la région.
- Le « Colbert » joue de malchance. Il saute sur une mine datant de la guerre, est pris immédiatement après dans un typhon, et coule. La quasi totalité de l'équipage est sauvée.

APRES LA GUERRE :

- L'évasion de la Flotte de Toulon, l'opération « Alize » reste une composante de la mythologie guerrière française, à côté, ou presque, d'Austerlitz ou de Bouvines.

- La Marine devient, pour une trentaine d'années, un corps de prestige. Le corps des « Ingénieurs de Marine », créé en 1945, est même le plus prestigieux des corps à la sortie de l'Ecole polytechnique.
On crée un corps « d'Inspection générale de la Marine et des Ports ». Il recrutera notamment à la sortie de l'Ena. Il resta longtemps un des plus prestigieux de l'administration française, avec « l'Inspection des finances » ou « l'Inspection générale des affaires sociales ».

- Le « Ministère de la Marine » constituera un portefeuille recherché, jusqu'au milieu des années soixante-dix.

- Le dernier bâtiment de l'épopée, le croiseur « La Galissonnière » est désarmé à Toulon en 1975. Il devient bateau-musée.

- Traditionnellement, un des plus beaux éléments de la flotte française porte le nom d « ALIZE ».