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point de divergence : une unification des nations européennes après la Première Guerre Mondiale.

idée initiale : cyril bredel

intérêt : uchronie comparative de deux scenarii

. La Première Guerre mondiale se déroule comme dans notre continuum, avec les mêmes acteurs et le même bilan, humain et matériel.

. En 1919, la révolution spartakiste prend le pouvoir en Allemagne, entraînant des troubles sérieux dans le reste de l'Europe, notamment en Autriche-Hongrie. Les alliés, français, britanniques, italiens, et américains, interviennent à nouveau, en Allemagne, et en Autriche, pour rétablir la paix. Au grand dam des opinions publiques, lasses de la guerre, et hostiles, pour partie, à une agression contre des pouvoirs, socialistes ou communistes, perçus comme progressistes.

. Dès 1920, l'Urss, cherchant à profiter de la situation, lance une attaque contre la Pologne et les états baltes, et s'en empare. Presque simultanément cependant, les forces régulières allemandes prennent le dessus sur les spartakistes. Ce qui permet aux alliés de se rendre sur la frontière, offrir un front uni aux forces soviétiques. Devant la menaces, celles-ci préfèrent se retirer de Pologne et des états baltes.

. Devant l'ampleur des pertes humaines et matérielles, et l'atténuation, par cette récente fraternité d'armes, des haines héritées de la Grande Guerre, les anciens ennemis décident de mettre de côté leurs différents pour rebâtir ensemble leurs nations.

. Il est décidé de créer une organisation supra-nationale, la « confédération des états européens » afin d'éviter un nouveau conflit meurtrier. Ainsi, en août 1921, le traité de Versailles cèle, outre des redécoupages de frontières, la mise en place d'une « confédération des états européens ». Cette idée de « confédération des Etats européens » se substitue à celle de « société des nations ». En effet, le projet de « SDN », face notamment aux réserves du Sénat des Etat-unis, fait long feu.

. Il s'agit d'une confédération, donc d'une union d'états, pas d'une fusion. Les états gardent leur indépendance, et leur capacité à quitter la confédération. Sont mises en commun, outre un Parlement, une Cour de Justice et une Commission Exécutive, des éléments de défense, de police, de justice et d'infrastructures. Le Parlement n'est pas élu au suffrage universel, mais constitué d'une émanation des parlements nationaux.

. France, Belgique, Luxembourg, Italie, Pologne, Estonie, Roumanie, font partie de la « première vague » à entrer dans cette confédération. Le Royaume-Uni, pourtant pas hostile, reste à l'écart. L'Allemagne, bien que tentée, ne parvient pas à y entrer tout de suite. Même si des dispositions particulières sont prises à son avantage, notamment par la nomination d'observateurs.

. Au début des années vingt, un mouvement d'adhésion en faveur de cette nouvelle construction anime les opinions publiques. Plusieurs élargissements interviennent. En 1923, Hongrie, Pays-bas, Norvège, Suède, Lituanie et Lettonie entrent dans la « confédération des états européens ». En 1926, c'est au tour de la Tchécoslovaquie, de la Yougoslavie, de l'Autriche, et de la Finlande. En 1928 enfin, l'Allemagne, l'Irlande et la Grèce s'y joignent.

. Cependant, cette « confédération des états européens » est quelque peu troublée par la montée en puissance des régimes autoritaires. Malgré tout, en 1922, la condamnation adressée par le « Parlement » et la « Commission exécutive » à l'Italie fait utilement obstacle à la « marche sur Rome » des agitateurs fascistes. Ce qui n'empêchera pas l'extrême droite de s'installer durablement dans le paysage politique de la péninsule.

. Pendant les années vingt, la « Confédération des états européens » fonctionne efficacement, devenant une « plate-forme de collaboration pacifique », une « table commune à laquelle tous contribuent », selon le mot d'Aristide Briand. Fait important, elle agit surtout dans un domaine que les états lui abandonnent volontiers, convaincus que l'interventionnisme y est nuisible ou, au mieux, inefficace : l'économie. Ainsi, elle met en place des structures de coordination et de régulation du système bancaire, ainsi qu'une forme de monnaie commune : le « référent-or ». Cette démarche est fortement influencée par les idées d'un économiste britannique de renom : Joseph Maynard Keynes.

. Ainsi, en 1930, au moment de l'éclatement de la bulle spéculative aux Etats-Unis, les instances de régulation confédérales apparaissent comme un assez efficace tremplin contre la propagation des déséquilibres.

. De même, après moultes débats, l'esperanto finit par être adopté comme langue commune; plus un outil de travail pour cercle d'initiés, le milieu des fonctionnaires internationaux, que véritablement une « lingua franca » des populations cependant.

. Malgré tout, deux éléments perturbent l'harmonie de l'ensemble : le vote des femmes et le problème colonial. Des lignes de fractures apparaissent. Finalement, dans un arrêt du 2 janvier 1933, la Cour suprême européenne, sorte de « diseur de droit », déclare le vote « égal entre les citoyens ». Les Parlements nationaux cèdent, en tous cas pour ceux ne l'ayant pas encore fait. Et le vote des femmes se généralise, y compris en France. Mais laisse quelque peu en suspend le problème du vote des peuples colonisés.

. En 1933, les élections en Allemagne opposent, grosso modo, les partisans d'un nationalisme revanchard à ceux d'une intégration européenne plus poussée. La victoire des libéraux-européens est facilitée par l'efficacité des dispositifs mis en place par la « Confédération des états européens ». Les révoltes menées par des extrémistes de droite feront long feu.

. D'une manière générale, la « confédération des états européens » constitue une forme de contre-pouvoir démocratique, ne faisant pas bon ménage avec les régimes autoritaires. Elle finit par faire, assez efficacement obstacle, à la montée des régimes fascistes, plus exactement à la fascisation des régimes.

. En 1934, des tensions commencent à apparaître dans les colonies, principalement françaises, centrées autour de l'aspiration à la citoyenneté des populations autochtones...

. Mais le reste est une autre histoire.