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point de divergence : la dérive des continents a amené le Groenland de notre "continuum" à proximité des côtes d'Europe de l'Ouest. Il constitue une terre habitée appelée "boréa"

intérêt : examen de l'évolution d'une civilisation originale, de nature "ouest européenne" protégée des invasions; ce à travers une interview imaginaire.

PROFESSEUR MASTUVU, VOS TRAVAUX SUR LES ORIGINES GENETIQUES DES POPULATIONS BOREASES VOUS AMENENT A PUBLIER UN OUVRAGE "LA TRIBU BOREASE"; QUELS SONT LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS DE VOS TRAVAUX ?

On a longtemps cru, jusqu'aux récentes découvertes sur l'adn, que le peuple boréa était d'origine essentiellement celte et indo-européenne. Les populations antérieures étaient même qualifiées de "pré-celtes".
Or, c'est absolument faux : les expertises menées sur les tombes du début de notre ère montrent, sans ambiguïté, que 80 % des populations boréases de cette époque descendent de celles installées vers - 3000.
On sait que cette tracabilité d'adn est permise par la pratique, ayant duré jusqu'au moyen-âge, d'inhumation de certains membres des castes royales et religieuses dans les tourbières.

QUELLES SONT LES ORIGINES DE CETTE POPULATION BOREASE ?

Vers - 9000, le recul des glaciers lié au réchauffement climatique permet la remontée de nomades du sud de l'Europe et du nord de l'Afrique. Du moins tant qu'existait un lien terrestre avec le reste de l'Europe. Ce lien a disparu vers - 7.000.
Ces boréas se sont mélangés aux quelques tribus éparses présentes depuis le magdalénien; dans une proportion de 90/10.
Donc, il faut insister, la matrice du peuple boréa n'est ni celte, ni indo-européenne. Elle est plutôt de type "ouest-européen". Ainsi, les populations boréases, en tous cas vers - 5.000, sont génétiquement relativement proches de certaines populations saheliennes.

A PARTIR DE QUAND PEUT-ON PARLER DE CIVILISATION BOREASE ?

 La sédentarisation apparaît vers - 3.000, pour se répandre très rapidement. Les contacts avec les Egyptiens sont avérés par des traces d'apports génétiques du proche-orient dans les tombes royales vers - 2.500; et également dans les siècles suivants. Sans doute ces échanges ont-ils transité par l'Afrique du Nord.
Les grands vestiges d'architecture religieuse datent de cette époque. Certains rappellent les mégalithes d'Europe de l'ouest. D'autres constructions semblent s'inspirer des temples égyptiens. Beaucoup étaient en bois et ont malheureusement disparu.

QUAND L'ECRITURE APPARAIT-ELLE ?

L'écriture d'influence hiérogliphique égyptienne apparaît vers - 2.200. Sa signification est problématique. Car on a perdu depuis longtemps le sens de la langue parlée à l'époque par les boréas. Mais ces fragments d'écriture se transforment, vers - 1.500, en un magma symbolique sans trame de récit. On est plus proche de la statuaire que de l'écrit.

L'écriture boréase reprend une vigueur nouvelle avec l'apport de l'alphabet phénicien, vers - 800. Qui permet l'émergence de quelques récits.

Cette influence des cultures extérieures entraîne d'ailleurs la disparition, vers le début de notre ère, de toute trace visible de la langue antérieure des boréas; ce au profit d'une aggluteration de grec, romain, phénicien, d'importation, débouchant finalement sur une langue véhiculaire de nature romane.

Le nom du pays "boréa", vient d'ailleurs d'un mot grec signifiant à peu près "vent du nord". Curieusement, la racine boréase d'origine n'a survécu que dans les noms propres et prénoms : Hisgenbert, Istalude, sont sans rapport avec les prénoms européens.

QUELS ECHANGES DES BOREAS AVEC L'EXTERIEUR ?

Existent quelques vagues d'immigrants ponctuels - esclaves ? -, en provenance de l'Europe de l'ouest, mais des flux commerciaux très affirmés avec le monde méditerranéen.
La Boréa exporte or, argent étain et même ardoise; importe parfums, tissus... et esclaves "reproductrices".

QUEL EST LE SYSTEME INSTITUTIONNEL ?

Il ne faut pas parler de "druides" pour qualifier les prêtres boréas. Ce serait un décalque abusif d'une notion celtique. Il s'agit plutôt de chamanes ayant évolué vers des structures collectives "episcopales" pour prendre un mot moderne.
Cette structure religieuse constitue la "matrice" de la civilisation boréase. Elle a organisé sa culture, absorbant progressivement les éléments issus des cultures européennes : paganisme romain d'abord, chrétienté plus tard.

Jusque vers - 1000, les seuls structures "fédérales" sont religieuses. On peut parler d'une véritable théocratie.

A partir de cette date, s'affirme une fonction royale, sans doute sous la nécessité de faire face aux tentatives d'invasion venues de l'Est : indo-européens ou peuples de la mer.

QUELLES SONT JUSTEMENT CES TENTATIVES D'INVASION ?

Boréa est protégée des invasions par son insularité, des rivages parsemés de récifs dangereux, et ses hautes falaises parcourant l'essentiel de son rivage oriental.
Des tentatives d'envahissement ont été faites vers - 1000, sans doute par des "peuples de la mer", puis par des celtes, probablement gaulois, notamment vers - 400.
Si des incursions pirates ont persisté, la "souveraineté" boréase a été maintenue. Des implantations pacifiques, on parlerait aujourd'hui d'immigration choisie, ont cependant eu lieu.

CONFIRME T'ON LA CONTINUITE DE L'INDEPENDANCE BOREASE DEPUIS - 1000 ?

C'est, en tous cas je l'espère, la révélation de mon livre. Les enquêtes génétiques menées sur les souverains boréas depuis - 1.000, - on sait qu'on conserve l'essentiel de leurs sépultures -, montrent la linéaralité de cette descendance.

Tout au plus y'a t'il eu quelques "accidents" : le roi Castribert IV, régnant de 610 à 635, n'est point le fils de son père Hergitrude II, mais de son frère. Ce n'est pas une vraie surprise, les chroniqueurs de l'époque soulignant le caractère ambigü du personnage. Dans un autre cas, au XIII siècle, il apparaît qu'un échange a eu lieu avec le fils d'une soeur du roi : mais la continuité de la descendance de sang royal est acquise.

C'est absolument formel : les souverains actuels sont bel et bien les descendants des rois légendaires de - 1000.

QUELS RAPPORTS AVEC LE MONDE ROMAIN ?

Les boreas cohabitaient dans une paix relative avec les celtes. Lorsque César envahit la Gaule en - 58, il s'empresse d'envoyer une ambassade aux Boreas, pour leur assurer de sa volonté de paix à l'égard de la "grande ile". S'ensuit une "alliance objective" entre Borea et César.

Laquelle aboutira, quelques années plus tard, avec le refuge que Cesarion, le fils de Cléopatre et César, trouvera en Boréa. Les tests adn - encore eux -, montrent que Césarion avait, bel et bien, fait souche dans la lignée royale. La dynastie boréase actuelle est donc la descendante de César et Cléopatre; entre autres prestigieuses figures de l'histoire.

Ce sont d'ailleurs des lettrés romains en séjour à la cour du roi de Boréa qui évoqueront, au début du Ier siècle de notre ère, l'existence de "terres sauvages" à l'ouest de Boréa; l'amérique bien sûre; découverte fortuitement par des pêcheurs boréas égarés.

De même, sans en être tout à fait sûrs, on pressent que le général carthaginois Hannibal, réfugié en Boréa après sa défaite, a fait souche dans la famille royale; et insufflé son sang à la dynastie actuelle.

COMMENT LA CIVILISATION BOREASE EVOLUE-T'ELLE JUSQU'A LA FIN DE L'ANTIQUITE ?

Elle parvient à cohabiter pacifiquement avec le monde romain, à peu près jusqu'à la chute de l'empire romain d'occident, au V siècle. A cette époque, de nombreux riches romains parviennent d'ailleurs à y trouver refuge, au moment des grandes invasions ou des guerres civiles.
Les "chamanes" boréas aspirent rapidement la religion catholique, dès le V siècle après jc.
Après la chute de l'empire romain, la Boréa devient un sanctuaire de conservation de la culture antique.

QU'EST CE QUI DISTINGUE BOREA DE SES "SOEURS INSULAIRES" BRITTANIQUES ET IRLANDAISES ?

La persistance d'une intégrité territoriale, culturelle et institutionnelle depuis - 1.000; les boréas, même s'ils ont été servis par la distance et leurs hautes falaises, n'ont jamais fait l'objet d'une conquête victorieuse.

Ce qui a permis l'épanouissement d'une civilisation originale; distincte de celles de l'Europe continentale. Exemple connu, les filles prennent le patronyme de la mère et les fils du père.

Le reste est une autre histoire...